Le mélanome est un cancer de la peau qui est plus rare, mais très dangereux.

Lorsqu’il est dépisté rapidement, le mélanome présente l’un des meilleurs taux de guérison de tous les cancers, soit 90 %. Si, par contre, il n’est pas traité, le mélanome se propagera graduellement aux couches plus profondes de la peau. Lorsqu’il atteint le système sanguin ou le système lymphatique, il peut se propager ailleurs dans le corps et il est alors souvent mortel.

Qu’est-ce que le mélanome ?

Le mélanome est une forme de cancer de la peau qui prend naissance dans les mélanocytes, cellules qui produisent la pigmentation et qui se trouvent dans la couche externe de la peau. Une tumeur cancéreuse se forme lorsque la croissance de ces cellules se dérègle. Les mélanomes sont souvent bruns ou noirs, mais ils peuvent aussi prendre d’autres teintes.

Qui le mélanome atteint-il ?

Le mélanome est maintenant le 7ecancer le plus répandu au Canada. Près de 7200 Canadiennes et Canadiens recevront un diagnostic de mélanome en 2017 et 1250 d’entre eux mourront de ce cancer. Seuls quelques types de cancer sont à la hausse au Canada. Le mélanome est de ceux-là : entre 1992 et 2013, son incidence a augmenté de 2,1 % par année chez les hommes et de 2,0 % par année chez les femmes.

Les études montrent que les hommes plus âgés à la peau claire risquent davantage de mourir d’un mélanome que les personnes de tout autre groupe, ce qui est sans doute attribuable principalement au fait que cette maladie est peu connue et qu’elle se présente souvent à un endroit où elle est difficile à déceler : dans le dos.

Au Canada, le risque d’être atteint de mélanome est maintenant de 1 sur 59 chez les hommes, et de 1 sur 73chez les femmes. À titre de comparaison, dans les années 1930, le risque d’être atteint de mélanome au cours de la vie, chez les Nord-Américains, était de 1 sur 1500.

Quelle est la cause du mélanome ?

L’exposition excessive aux rayons ultraviolets (UV) du soleil et des lits de bronzage joue un rôle déterminant dans l’apparition du mélanome, et c’est aussi la plus évitable des causes de cette maladie. Selon les experts, près de 90 % des mélanomes sont associés à une exposition intense aux UV et aux coups de soleil au cours de la vie.

Comment puis-je me protéger ?

La meilleure façon de se protéger consiste à :

  • trouver son degré de risque : les facteurs de risque sont bien connus;
  • savoir reconnaître tôt les signes de mélanome (voir l’affiche sur l’auto-examen de dépistage du cancer de la peau) et savoir pourquoi et comment examiner votre peau;
  • se protéger du soleil du printemps jusqu’à l’automne et éviter les lits de bronzage;
  • examiner votre peau tous les mois;
  • consulter un médecin si vous repérez des taches suspectes.
La survie dépend du dépistage précoce

Contrairement à bien des cancers, le mélanome est clairement visible à la surface de la peau. Au début, la tumeur est mince, ne s’est pas propagée aux ganglions lymphatiques et peut se guérir par ablation chirurgicale.

Quels sont les facteurs de risque ?

Les personnes qui risquent davantage d’être atteintes de mélanome ont :

  • une peau claire et sensible au soleil, qui brûle au lieu de bronzer, des taches de rousseur, les cheveux roux ou blonds;
  • beaucoup de grains de beauté (plus d’une cinquantaine);
  • des grains de beauté de grande taille ou de formes ou couleurs inusitées;
  • déjà eu un mélanome ou dont des proches parents ont déjà eu un mélanome;
  • eu une exposition excessive aux UV du soleil ou des lits de bronzage;
  • eu des coups de soleil graves au cours de leur vie.

Le risque est multiplié si plusieurs facteurs de risque se retrouvent chez une même personne, par exemple si vous avez des grains de beauté inusités et que des personnes de votre famille ont déjà été atteintes de mélanome.

Il faut noter que les personnes qui ne présentent aucun de ces facteurs de risque et celles qui ont la peau foncée ne sont pas pour autant à l’abri du mélanome.

Pourquoi devrais-je examiner ma peau ?
  • L’auto-examen de la peau est très efficace, tout comme l’examen de la peau d’un membre de la famille. Les recherches démontrent que 53 % des mélanomes sont découverts par les patients eux-mêmes et 17 % de plus par les membres de leur famille.
  • L’examen de la peau permet la détection précoce et améliore le taux de survie. Le taux de guérison peut atteindre 90 % lorsque le mélanome est au premier stade. L’examen peut vous sauver la vie.
  • L’examen de la peau est simple et ne vous prendra qu’une quinzaine de minutes par mois.
  • Les recherches récentes démontrent que les personnes à risque qui font appel à un ami ou à un membre de la famille pour examiner leur peau détectent la maladie à un stade beaucoup plus précoce; or, le taux de décès chez ces personnes est de 63 % inférieur à celui des gens qui n’avaient pas examiné leur peau.
  • Les patients qui ont déjà eu un mélanome présentent un risque accru de développer un autre mélanome ou un carcinome cutané.
  • Si le cancer est découvert à un stade avancé, le mélanome risque de réapparaître.
À quoi ressemble un mélanome ?

Le mélanome peut se développer en quelques semaines ou en quelques mois, ou bien prendre des années à faire son apparition. Il peut ressembler à un nouveau grain de beauté ou à une tache de rousseur. Il peut aussi se développer à partir d’un grain de beauté existant. Les mélanomes sont habituellement foncés, bruns ou noirs, mais certains présentent un mélange de couleurs y compris du bleu, du gris et du rouge.

Chez les hommes, le mélanome apparaît le plus souvent sur le dos tandis que chez les femmes, c’est sur les jambes qu’on le retrouve le plus fréquemment. Il peut aussi apparaître sur les bras, le cuir chevelu ou le visage. Chez les gens à la peau foncée, le mélanome est moins fréquent, mais peut se retrouver sur la plante des pieds, sur les ongles d’orteil ou sur la paume des mains.

Retenez l’ABCDE du mélanome pour vous aider à détecter cette maladie. Recherchez les caractéristiques suivantes :

Asymétrie – différence de forme entre les deux côtés de la lésion.

Bordure – le contour visible de la lésion est irrégulier et indistinct.

Couleur – la lésion est foncée, brune ou noire, ou présente des variations de couleur, avec des zones brunes, noires, rouges, grises ou blanches.

Diamètre – le mélanome mesure le plus souvent 6 mm ou plus, mais on en trouve de plus petits.

Évolution – on constate une modification de la couleur, de la taille, de la forme ou des symptômes (par exemple, démangeaison, sensibilité ou saignement).

Le signe du « vilain petit canard »

Voici un truc qui peut vous aider à détecter le mélanome. La plupart des grains de beauté se ressemblent. Le mélanome sera toutefois différent de tous les autres grains de beauté : c’est ce qu’on appelle le signe du vilain petit canard. En général, un seul mélanome fait son apparition à la fois. Il faut donc être attentif aux taches qui paraissent différentes des autres ou dont la sensation est différente, et à celles qui évoluent différemment de vos autres grains de beauté. Si vous trouvez des taches de cette nature, faites-les voir par votre dermatologue ou médecin de famille le plus tôt possible.

Que faire si je trouve une tache ou un grain de beauté suspect ?

Consultez votre dermatologue ou médecin de famille le plus tôt possible pour faire examiner la lésion. Il faudra peut-être procéder à une biopsie de la lésion sous anesthésie locale. Un pathologiste analysera ensuite le prélèvement.

Que se passera-t-il si on trouve un mélanome ?

Si la biopsie confirme qu’il s’agit d’un mélanome, il faudra par la suite effectuer une autre chirurgie pour enlever une marge de sécurité au pourtour. Ceci permet de retirer les cellules cancéreuses qui pourraient persister au site du mélanome.

Parfois, lorsqu’on reçoit un diagnostic de cancer, le choc émotionnel peut être important. On conseille aux patients d’exprimer leurs inquiétudes face au diagnostic de mélanome; occasionnellement, certains d’entre eux pourront nécessiter l’aide de professionnels en counselling.

Facteurs qui affectent le traitement

Le principal déterminant du traitement est la profondeur du mélanome dans la peau mesurée par le pathologiste (indice de Breslow). Plus le cancer est profond, plus il risque de s’être propagé et de réapparaître par la suite.

Les mélanomes de moins de 1 mm d’épaisseur se propagent rarement. Le traitement consiste alors à enlever le mélanome et une marge de peau tout autour. L’endroit où est situé le mélanome et la présence d’ulcération sont d’autres facteurs qui affectent le traitement.

Si vous avez besoin d’autres tests

Lorsque le mélanome est plus épais (habituellement plus de 1 mm), la biopsie d’un ganglion est souvent proposée pour rechercher la présence de cellules cancéreuses dans le ganglion lymphatique le plus près du mélanome. Les résultats aident les médecins à déterminer le stade du mélanome et à décider du traitement nécessaire. On fait souvent cette biopsie au moment où on enlève le mélanome. On pourra aussi faire des tests sanguins, une tomodensitométrie ou un examen de médecine nucléaire appelé TEP-scan. (Voir la section Stades du mélanome.)

Il y a quatre principaux types de mélanome.

Le mélanome à extension superficielle, qui compte pour près de 70 % des cas. Ces lésions ont tendance à se propager à la surface de la peau : surveiller les taches ou les grains de beauté qui grandissent ou s’étendent.

Le mélanome nodulaire est particulièrement dangereux parce qu’il se propage rapidement vers les couches internes de la peau. Il apparaît souvent à des endroits qui ne sont pas habituellement exposés au soleil. La lésion est soulevée et est habituellement foncée, mais parfois rougeâtre.

Le lentigo malin apparaît aux endroits de la peau qui sont exposés au soleil de façon chronique. On le retrouve fréquemment chez les personnes plus âgées. Il prend souvent la forme d’une tache brune plane, souvent assez large et présentant plusieurs tons de brun ou de noir.

Le mélanome acrolentigineux ou acral est forme la plus courante de mélanome chez les personnes à la peau foncée ou d’origine asiatique. Il apparaît sur la plante des pieds, sur la paume des mains ou sous les ongles des orteils et des doigts.

Le mélanome se développe en cinq stades, selon l’épaisseur et les autres caractéristiques de la tumeur. La détermination du stade permet d’orienter le traitement, de connaître le risque de récurrence et de savoir s’il faudra d’autres tests.

Stade 0

On dit aussi « mélanome in situ ». Il s’agit du stade le plus fréquent. La tumeur est alors limitée à l’épiderme de façon superficielle et elle ne s’est pas propagée. La chirurgie consiste à enlever le mélanome et une portion de la peau qui l’entoure, ce qui complète le traitement. Le pronostic est excellent.

Stade 1

Ces mélanomes en sont encore à un stade précoce de développement. Dépendant de la sévérité, le médecin peut parfois proposer une biopsie du ganglion sentinelle. Le traitement consiste également en une réexcision locale.

Stade 2

La tumeur est plus avancée et ancrée plus profondément dans la peau. On suggère habituellement une biopsie du ganglion sentinelle. Après la chirurgie, le risque de réapparition du mélanome ou de propagation du cancer est modéré, à cause de la profondeur de la tumeur.

Stade 3

Le mélanome a atteint les ganglions lymphatiques voisins, qui devront être enlevés en même temps que le mélanome.

Stade 4

Il s’agit d’un stade avancé de mélanome. Le cancer s’est répandu à une autre partie du corps comme les poumons, le foie, le cerveau ou l’abdomen. Cette situation est rare.

Aux stades 3 et 4, après la chirurgie, le traitement vise à tenter d’empêcher le cancer de réapparaître et à tuer les cellules cancéreuses présentes dans le corps. Les traitements qui suivent peuvent être utilisés séparément ou en combinaison.

Chimiothérapie
Des médicaments sont utilisés en chimiothérapie pour traiter une récurrence locale, un mélanome avancé qui s’est répandu ou pour contrôler les symptômes d’un mélanome avancé. Ce traitement peut causer de la nausée et des vomissements, de la fatigue et une perte de cheveux. Il peut aussi accroître le risque d’infection pendant un certain temps après le traitement.

Traitement biologique (immunothérapie)
Les agents biologiques renforcent le système immunitaire pour aider le corps à s’attaquer aux cellules cancéreuses. Ces médicaments ciblent certains types de cellules, mais il arrive parfois qu’ils touchent des cellules normales endommagées. Ce traitement peut causer de la fatigue, de la fièvre ou des frissons, des rougeurs ou des réactions au site d’injection. Les agents biologiques servant à traiter le mélanome sont notamment l’interféron et l’interleukine-2, l’ipilimumab, le nivolumab et le pembrolizumab.

Traitements ciblés
Les traitements ciblés sont destinés aux patients dont le mélanome présente des changements génétiques précis, tels que la mutation BRAFV600. On repère les mutations en faisant l’examen d’un échantillon de la tumeur du patient. Le gène MEK travaille en association avec le gène BRAF. Les inhibiteurs du MEK aident les inhibiteurs du BRAF à combattre les cellules cancéreuses. Au Canada, les traitements ciblés approuvés sont notamment le vémurafénib, le dabrafénib et le tramétinib. Ce traitement peut causer des toxicités cutanées, de la fièvre et des frissons, des problèmes oculaires, de la diarrhée et des problèmes cardiaques. Plusieurs nouveaux traitements ciblés font actuellement l’objet d’essais cliniques d’évaluation.

Radiothérapie
Dans la radiothérapie, on utilise des rayons X et d’autres types de radiation pour tuer les cellules cancéreuses ou pour les empêcher de grandir. Ce traitement est parfois utilisé après la chirurgie pour atténuer ou contrôler les symptômes, ou pour traiter le mélanome qui s’est propagé au cerveau.

La radiothérapie endommage les cellules cancéreuses et les cellules normales. Selon la zone traitée, la radiothérapie peut causer des rougeurs ou l’irritation de la peau et de la fatigue. Pour le mélanome de stade III, la radiothérapie peut être utilisée après la chirurgie pour prévenir la propagation et la réapparition de la maladie. Au stade IV, la radiation peut aider à contrôler les symptômes.