Le mélanome malin est un cancer de la peau rare mais très dangereux.

Lorsqu’il est dépisté rapidement, le mélanome présente l’un des meilleurs taux de guérison de tous les cancers, soit 90 p. 100. Si, par contre, il n’est pas traité, le mélanome se propagera graduellement aux couches plus profondes de la peau. Lorsqu’il atteint le système sanguin ou le système lymphatique et il est alors souvent mortel.

Qu’est-ce que le mélanome ?

Le mélanome est une forme rare de cancer de la peau, mais c’est aussi le plus dangereux. Il prend naissance dans les mélanocytes, cellules qui produisent la pigmentation et qui se trouvent dans la couche externe de la peau. Une tumeur cancéreuse se forme lorsque la croissance de ces cellules se dérègle. Les mélanomes sont souvent bruns ou noirs, mais ils peuvent aussi prendre d’autres teintes.

Qui le mélanome atteint-il ?

Le mélanome est maintenant le 8e cancer le plus répandu au Canada. Près de 5500 Canadiennes et Canadiens recevront un diagnostic de mélanome en 2011 et 950 d’entre eux mourront de ce cancer. Seuls quelques types de cancer sont à la hausse au Canada. Le mélanome est de ceux-là : son incidence augmente de 1,4 % par année chez les hommes et de 1,4 % par année chez les femmes.

Le taux de mortalité chez les hommes atteints de mélanome continue lui aussi à augmenter, de 0,5 % par année. Les études montrent que les hommes plus âgés à la peau claire risquent davantage de mourir d’un mélanome que les personnes de tout autre groupe, ce qui est sans doute attribuable principalement au fait que cette maladie est peu connue et qu’elle se présente souvent à un endroit où elle est difficile à déceler : dans le dos.

Au Canada, le risque d’être atteint de mélanome est maintenant de 1 sur 74 chez les hommes. Pour les femmes, il est de 1 sur 90. À titre de comparaison, dans les années 1930, le risque d’être atteint de mélanome au cours de la vie, chez les Nord-Américains, était de 1 sur 1 500.

Quelle est la cause du mélanome ?

L’exposition excessive aux rayons ultraviolets (UV) du soleil et des lits de bronzage joue un rôle déterminant dans l’apparition du mélanome, et c’est aussi la plus évitable des causes de cette maladie. Selon les experts, près de 90 % des mélanomes sont associés à une exposition intense aux UV et aux coups de soleil au cours de la vie.

Comment puis-je me protéger ?

La meilleure façon de se protéger consiste à :

  • connaître votre degré de risque : les facteurs de risque sont bien connus;
  • savoir reconnaître tôt les signes de mélanome (voir l’affiche l’auto-examen de dépistage du cancer de la peau) et savoir pourquoi et comment examiner votre peau;
  • se protéger du soleil du printemps jusqu’à l’automne et éviter les lits de bronzage;
  • examiner votre peau tous les mois;
  • consulter un médecin si vous repérez des taches suspectes.
Le dépistage précoce est directement lié à un taux élevé de survie

Contrairement à bien des cancers, le mélanome est clairement visible à la surface de la peau. Au début, la tumeur est mince, ne s’est pas propagée aux ganglions lymphatiques et est facile à guérir par ablation chirurgicale.

* Le mélanome a le taux de survie le plus élevé de tous les cancers, parce que 90 % des mélanomes sont détectés à un stade précoce.

Quels sont les facteurs de risque ?

Certaines personnes risquent davantage d’être atteintes de mélanome, notamment celles qui ont :

  • une peau claire et sensible au soleil, qui brûle au lieu de bronzer, des taches de rousseur, les cheveux roux ou blonds;
  • beaucoup de grains de beauté (plus d’une cinquantaine);
  • des grains de beauté de grande taille ou de forme ou couleur inusitées;
  • déjà eu un mélanome ou dont des proches parents ont déjà eu un mélanome;
  • eu une exposition excessive aux UV du soleil ou des lits de bronzage;
  • eu des coups de soleils graves au cours de leur vie.

Le risque est multiplié si plusieurs facteurs de risque se retrouvent chez une même personne, par exemple si vous avez des grains de beauté inusités et que des personnes de votre famille ont déjà été atteintes de mélanome. Il faut noter que les personnes qui ne présentent aucun de ces facteurs de risque et celles qui ont la peau foncée ne sont pas pour autant à l’abri du mélanome.

Pourquoi devrais-je examiner ma peau ?
  • L’auto-examen de la peau est très efficace, tout comme l’examen de la peau d’un membre de la famille. Les recherches démontrent que 53 % des mélanomes sont découverts par les patients eux-mêmes et 17 % de plus par les membres de leur famille.
  • Le taux de guérison peut atteindre 90 % lorsque vous détectez précocement un mélanome. Cela peut vous sauver la vie.
  • L’examen de la peau est simple et ne vous prendra qu’une quinzaine de minutes par mois.
  • Les recherches récentes démontrent que les personnes à risque de mélanome qui font appel à un ami ou à un membre de la famille pour examiner leur peau détectent la maladie à un stade beaucoup plus précoce; or, le taux de décès chez ces personnes est de 63 % inférieur à celui des gens qui n’examinaient pas leur peau.
  • Le risque de réapparition du mélanome au cours de l’année qui suit le traitement est élevé.
  • Les patients quiont eu un mélanome présentent un risque accrue de développer un 2e mélanome durant leur vie (environ 5 %).
À quoi ressemble un mélanome ?

Le mélanome peut se développer en quelques semaines ou en quelques mois, ou bien prendre des années à faire son apparition. Il peut ressembler à un nouveau grain de beauté ou à une tache de rousseur. Il peut aussi se développer à partir d’un grain de beauté existant. Les mélanomes sont habituellement de couleur foncée, en tons de brun ou de noir, mais certains présentent un mélange de couleurs y compris du bleu, du gris et du rouge.

Chez les hommes, le mélanome apparaît le plus souvent sur le dos tandis que chez les femmes, c’est sur les jambes qu’on le retrouve le plus fréquemment. Il peut aussi apparaître sur les bras, le cuir chevelu ou le visage. Chez les gens à la peau foncée, le mélanome est moins fréquent, mais peut se retrouver sur la plante des pieds, sur les orteils ou sur la paume des mains.

Retenez l’ABCDE du mélanome pour vous aider à détecter cette maladie. Recherchez les caractéristiques suivantes :

Asymétrie – différence de forme entre les deux côtés de la lésion.
Bordure – le contour visible de la lésion est irrégulier et indistinct.
Couleur – la lésion présente des variations de couleur, avec des zones brunes, noires, rouges, grises ou blanches.
Diamètre – la croissance est typique d’un mélanome; le mélanome mesure le plus souvent 6 mm ou plus, mais on en trouve de plus petits.
Évolution – on constate une modification de la couleur, de la taille, de la forme ou des symptômes (par exemple, démangeaison, sensibilité ou saignement).
Le signe du « vilain petit canard »

Voici un truc pour vous aider à détecter le mélanome. La plupart des grains de beauté d’une même personne se ressemblent. Le mélanome sera toutefois différent de tous les autres grains de beauté : c’est ce qu’on appelle le signe du vilain petit canard. En général, un seul mélanome fait son apparition à la fois. Il faut donc être attentif aux taches qui paraissent différentes des autres ou même dont la sensation est différente, et à celles qui évoluent différemment de vos autres grains de beauté. Si vous trouvez des taches de cette nature, faites-les voir par votre dermatologue ou médecin de famille le plus tôt possible.

Que faire si je trouve une tache ou un grain de beauté suspect ?

Consultez votre dermatologue ou médecin de famille le plus tôt possible pour faire examiner la lésion. Il faudra peut-être procéder à une biopsie de la lésion sous anesthésie locale. Le pathologiste, un spécialiste des tissus, analysera ensuite le prélèvement.

Que se passera-t-il si on trouve un mélanome ?

Si la biopsie confirme qu’il s’agit d’un mélanome, il faudra par la suite effectuer une autre chirurgie pour enlever une marge de sécurité au pourtour. Ceci nous permettra de retirer les cellules cancéreuses qui pourraient persister au site du mélanome. Comme la plupart des mélanomes sont détectés précocement, le taux de survie des personnes atteintes est de 90 %.

Dans certains cas, on a recours à la chirurgie micrographique de Mohs pour exciser le mélanome, par exemple si la lésion se trouve sur le visage. Cette technique chirurgicale demande plus de temps, car on vérifie la présence de cancer dans les tissus durant la procédure. Cela signifie toutefois que l’on préserve le plus possible de peau saine.

* Parfois, lorsqu’on reçoit un diagnostic de cancer, le choc émotionnel peut être important. On conseille aux patients de faire part de leurs inquiétudes face au diagnostic du mélanome. Occasionnellement, certains d’entre eux peuvent nécessiter l’aide de professionnels en counselling.

Facteurs qui affectent le traitement

Le principal déterminant du traitement est la profondeur du mélanome dans la peau mesurée par le pathologiste (indice de Breslow). Plus le cancer est profond, plus il risque de s’être propagé et de réapparaître par la suite.

Les mélanomes de moins de 1 mm d’épaisseur se propagent très rarement. Le traitement consiste alors à enlever le mélanome et une marge de peau tout autour. L’endroit où est situé le mélanome et la présence d’ulcération sont d’autres facteurs qui affectent le traitement.

Si vous avez besoin d’autres tests

Lorsque le mélanome est plus épais (habituellement plus de 1 mm), la biopsie du ganglion sentinelle est souvent proposée pour rechercher la présence de cellules cancéreuses dans le ganglion lymphatique le plus près du mélanome. Les résultats aideront vos médecins à déterminer le stade de votre mélanome et à décider du traitement nécessaire. Occasionnellement, on pourra faire des tests sanguins, une tomodensitométrie ou un examen de médecine nucléaire appelé TEP-scan. (Voir la section Stades du mélanome.)

Il y a quatre principaux types de mélanome.

Le mélanome à extension superficielle, qui compte pour près de 70 % des cas. Ces lésions ont tendance à se propager à la surface de la peau : surveiller les taches ou les grains de beauté qui s’étendent.

Le mélanome nodulaire est particulièrement dangereux parce qu’il se propage rapidement vers les couches internes de la peau. Il apparaît souvent à des endroits qui ne sont pas habituellement exposés au soleil, comme le visage, le torse et le dos. La lésion est soulevée et est habituellement foncée mais parfois rougeâtre.

Le lentigo malin apparaît aux endroits de la peau qui sont exposés au soleil de façon chronique. On le retrouve fréquemment chez les personnes plus âgées. Il prend la forme d’un tache brune plane, souvent assez large et présentant plusieurs tons de brun ou de noir.

Le mélanome acrolentigineux ou acral, forme la plus courante de mélanome chez les personnes à la peau foncée ou d’origine asiatique. Il apparaît sur la plante des pieds, sur la paume des mains ou sous les ongles des orteils et des doigts.

Le mélanome se développe en cinq stades, selon l’épaisseur et les autres caractéristiques de la tumeur. La détermination du stade permet d’orienter le traitement, de connaître le risque de récurrence et de savoir s’il faudra d’autres tests. *Au Canada, la plupart des mélanomes sont détectés à un stade précoce.

(Voir la description ci-dessous d’un stade 0 ou in situ, lorsque la tumeur se trouve encore dans la couche externe de la peau et que le cancer ne s’est probablement pas propagé.)

Stade 0

On dit aussi « mélanome in situ ». Il s’agit du stade le plus fréquent. La tumeur est alors limitée à l’épiderme de façon superficielle et elle ne s’est pas propagée. La chirurgie consiste à enlever le mélanome et une portion de la peau qui l’entoure, ce qui complète le traitement. Le pronostic est excellent.

Stade 1

Ces mélanomes en sont encore à un stade précoce de développement. Ils ont moins de 2 mm d’épaisseur. Dépendant de la sévérité, la technique du ganglion sentinelle est parfois offerte. Le traitement consiste également à une réexcision locale.

Stade 2

La tumeur a plus de 2 mm d’épaisseur. La technique du ganglion sentinelle est habituellement offerte. Après la chirurgie, le risque de réapparition du mélanome ou de propagation du cancer est modéré, à cause de la profondeur de la tumeur.

Stade 3

Le mélanome a atteint les ganglions lymphatiques voisins, qui devront être enlevés.

Stade 4

Il s’agit d’un stade avancé du mélanome. Le cancer s’est répandu à une autre partie du corps comme les poumons, le foie, le cerveau ou l’abdomen. Cette situation est rare.

Aux stades 3 et 4, après la chirurgie, le traitement vise à tenter d’empêcher le cancer de réapparaître et à tuer les cellules cancéreuses présentes dans le corps.