La rosacée est une maladie chronique inflammatoire de la peau qui touche plus de trois millions de Canadiens et Canadiennes.

Elle affecte principalement la zone centrale du visage.

Le premier signe de la rosacée peut être une rougeur intermittente. Avec le temps, la rougeur peut devenir persistante et plus visible. Les zones symptomatiques sont habituellement les joues, le nez, le menton et le front. La rosacée touche parfois les yeux, qui peuvent devenir injectés de sang et donner la sensation d’avoir « du sable » dans l’œil. Plus de la moitié des gens souffrant de rosacée présenteront aussi des symptômes oculaires.

Des bosses, de petits boutons purulents et des vaisseaux sanguins dilatés peuvent aussi apparaître, donnant à la peau une apparence rugueuse et irrégulière. Les symptômes de la rosacée peuvent varier d’une personne à l’autre, et la gravité de la maladie est imprévisible. On ne connaît pas de cure définitive de la rosacée, mais il est possible d’en minimiser les symptômes avec des traitements appropriés et une modification des habitudes de vie.

Dans certains cas rares, la peau du nez s’épaissit et devient enflée et couverte de bosses. On appelle ce trouble le rhinophyma. Il se développe lorsque les glandes sébacées et les tissus conjonctifs environnants deviennent enflés et dilatés. Le rhinophyma touche surtout certains hommes atteints de rosacée, mais très rarement les femmes.

La rosacée se manifeste généralement chez les adultes âgés de 30 à 50 ans. Elle touche les hommes et les femmes, mais semble plus fréquente chez les femmes. Bien que la rosacée puisse se manifester chez des personnes ayant tous les types de peau, celles à la peau claire tendent à y être davantage prédisposées (personnes d’ascendance nord-européenne et est-européenne, irlandaise, anglaise ou écossaise, par exemple).

Signes et symptômes de la rosacée
  • Apparition fréquente de rougeurs sur les joues, le nez, le menton, le front.
  • Rougeurs persistantes.
  • Vaisseaux sanguins dilatés qui forment un réseau de lignes rouges à la surface de la peau.
  • Peau sèche.
  • Sensation de brûlure ou de picotement, démangeaisons.
  • Bosses ressemblant à des boutons, mais sans comédons (points noirs) ou points blancs.
Qu’est-ce qui cause la rosacée ?

Les experts ne connaissent pas encore avec certitude les causes exactes de la rosacée, mais pensent qu’elle serait causée par une combinaison de facteurs génétiques et environnementaux.

Il existe quatre formes de rosacée qui se distinguent de la façon suivante :

Érythématotélangiectasique – Les principaux symptômes sont des rougeurs au visage qui peuvent apparaître et disparaître. Il peut aussi y avoir de l’enflure ainsi qu’une sensation de brûlure et de picotement; la peau peut être rugueuse et de petites veines peuvent devenir visibles à la surface de la peau.

Papulopustulaire – C’est une forme de rosacée qui se caractérise par une rougeur persistante et des bosses ressemblant à des boutons d’acné (et que l’on prend souvent pour de l’acné).

Phymateuse – Chez certaines personnes, la rosacée peut affecter les glandes sébacées et les tissus conjonctifs, causant un épaississement de la peau qui devient bosselée. La rosacée phymateuse affecte le plus souvent le nez (rhinophyma) et rarement, le front et le menton.

Rosacée oculaire – En plus des symptômes cutanés, la rosacée peut aussi toucher les yeux et les paupières. Elle peut causer des rougeurs à la peau entourant l’œil et aussi une sensation de brûlure, de picotement, de sécheresse, une sensibilité à la lumière, une vision floue et des yeux larmoyants et injectés de sang.

Les personnes atteintes de rosacée peuvent éprouver des sentiments négatifs plus graves que la maladie elle-même. Comme dans le cas de toute autre maladie chronique, il est difficile de faire face à un problème de santé qui dure pendant des années. Bien des personnes atteintes de rosacée se sentent mal à l’aise et gênées par les rougeurs et les bosses qui déparent leur visage, où il est plus difficile de les dissimuler. Elles peuvent aussi être affectées négativement par les mythes courants au sujet de la rosacée, puisque certains croient que c’est un signe d’abus d’alcool ou d’hygiène déficiente.

Près des trois quarts des personnes atteintes de rosacée rapportent avoir une faible estime de soi et affirment que la rosacée a nui à leurs possibilités d’emploi et de carrière. En raison des répercussions sociales et psychologiques de la rosacée, il est crucial de faire diagnostiquer et traiter cette maladie chronique de la peau. On a démontré que les patients chez qui le traitement parvient à contrôler les symptômes sont en meilleure santé mentale et émotionnelle.

Plusieurs facteurs reliés aux habitudes de vie peuvent déclencher une poussée de rosacée. Les déclencheurs les plus communs sont les extrêmes de températures chaudes ou froides, l’exposition au soleil, le stress, les aliments épicés et les boissons et aliments très chauds. Comme les déclencheurs peuvent varier d’une personne à l’autre, il est à la fois important et utile de connaître ceux qui provoquent une poussée de vos symptômes. Vous serez alors en mesure de mieux contrôler votre rosacée en évitant les facteurs qui peuvent aggraver l’état de votre peau.

Les aliments et boissons

Les aliments et les boissons que vous consommez peuvent avoir un impact sur vos symptômes de rosacée, surtout les aliments épicés ou les soupes et boissons chaudes. Notez votre consommation de ces déclencheurs possibles et remarquez lesquels produisent des symptômes chez vous :

  • les boissons chaudes telles que les soupes ou le chocolat chaud;
  • les boissons caféinées comme le thé ou le café;
  • les assaisonnements épicés tels que le poivre blanc ou noir, le paprika, le poivre rouge et le poivre de Cayenne;
  • l’alcool, particulièrement le vin rouge.

L’exposition au soleil

L’exposition aux UV semble aggraver la rosacée. On recommande donc aux personnes affectées d’appliquer tous les jours un écran solaire à FPS de 30 ou plus. Il est aussi préférable d’éviter le soleil lorsqu’il est à son plus fort, surtout entre 11 heures et 15 heures.

Les températures extrêmes

Les températures extrêmement chaudes ou froides, l’air très sec ou très humide, le vent et l’exposition à la chaleur à l’intérieur peuvent aussi agir comme déclencheurs. La clé consiste donc à rester au frais lorsqu’il fait chaud dehors, à couvrir et hydrater la peau en saison froide, et à éviter les bains très chauds et les saunas ainsi que tout autre facteur environnemental qui élève la température de votre corps.

L’effort physique intense

Surchauffer le corps peut provoquer des rougeurs. Évitez l’effort physique intense. Répartissez vos séances d’exercice vigoureux en plusieurs périodes plus courtes. Vous pouvez aussi prendre des moyens pour rester au frais pendant vos séances d’exercice. Par exemple, faites votre exercice dehors durant la saison froide et à l’air climatisé à l’intérieur lorsque le temps est très chaud.

Le stress

Le stress est aussi parmi les déclencheurs les plus fréquemment associés aux poussées de rosacée. Si c’est votre cas, cherchez des moyens de gérer les bouleversements émotifs : dormez suffisamment, respirez profondément, faites des étirements, faites de l’exercice régulièrement et choisissez un régime alimentaire équilibré. N’oubliez pas que la consommation excessive de caféine et de sucre, la déshydratation et les repas sautés peuvent aussi contribuer à hausser votre niveau de stress.

Les médicaments

L’utilisation prolongée sur le visage de crèmes à la cortisone obtenues sur ordonnance peut précipiter les poussées de rosacée et aggraver les symptômes de la maladie. Les traitements topiques contre l’acné peuvent assécher la peau excessivement et exacerber la rosacée.

Certains médicaments qui causent de la vasodilatation (c’est-à-dire qui provoquent la dilatation des vaisseaux sanguins) peuvent aussi causer des poussées de rosacée. Consultez votre médecin si vous croyez que vos médicaments causent des poussées de rosacée.

Les produits cosmétiques

Les produits contenant du parfum, de l’alcool, des abrasifs ou autres ingrédients irritants peuvent aggraver les symptômes de la rosacée. On doit se rappeler que la peau sujette à la rosacée est sensible et sèche : il faut donc choisir uniquement des produits doux.

Astuces pour une peau saine

La clé, pour le soin d’une peau atteinte de rosacée, c’est d’y aller en douceur.

  • Choisissez des produits qui ne sont pas asséchants, sans alcool ou astringent.
  • Utilisez un produit nettoyant doux et évitez de frotter la peau.
  • Prenez l’habitude d’appliquer un écran solaire (de FPS de 30 ou plus) tous les jours.
  • Gardez la peau bien hydratée, surtout durant la saison froide lorsque l’air est sec.
Cinq mythes au sujet de la rosacée

C’est une forme d’acné – Si vous avez une rosacée confirmée, n’utilisez pas les crèmes contre l’acné pour traiter votre peau, car elles peuvent en fait assécher et irriter votre peau davantage.

C’est causé par un problème d’alcool – Une consommation excessive d’alcool ne cause pas la rosacée. On sait cependant que l’alcool est un déclencheur qui peut aggraver les symptômes des personnes atteintes de rosacée.

C’est causé par la haute pression – On croit souvent que la haute tension artérielle cause un rougissement du visage, mais c’est faux.

C’est le résultat d’un manque d’hygiène – La rosacée ne vient pas d’un lavage insuffisant de la peau. De fait, comme la peau atteinte de rosacée tend à être très sèche et sensible, le lavage excessif peut empirer les symptômes.

C’est un coup de soleil ou une engelure – À cause de la rougeur qui caractérise la rosacée, les gens peuvent penser que vous avez un coup de soleil ou une engelure.

La rosacée ne peut pas disparaître spontanément. Sans traitement, elle peut même empirer avec le temps. Contrairement à l’acné, il arrive que la rosacée ne réponde pas aux traitements vendus sans ordonnance, qui peuvent même irriter la peau davantage, ce qui causera encore plus de rougeurs et d’enflure. Votre médecin de famille ou votre dermatologue peut prescrire divers traitements et vous recommander les produits de soin de la peau et les cosmétiques qui conviennent à votre peau.

En observant le traitement recommandé, vous constaterez une amélioration des symptômes en quelques semaines.

Agents topiques

Le métronidazole

Cet agent topique (appliqué sur la peau) a des propriétés anti-inflammatoires et antimicrobiennes, et on le considère comme le traitement de prédilection de la rosacée. Il se présente en gel, en crème et en lotion, et on peut l’utiliser pendant une période prolongée.

L’acide azélaïque

L’acide azélaïque est un acide carboxylique présent dans la nature et qui possède des propriété antibactériennes. Il est aussi efficace que le métronidazole et peut-être même légèrement supérieur, selon certaines études, mais il peut être moins bien toléré.

Le tartrate  de brimonidine

En crème appliquée une fois par jour, le tartrate de brimonidine peut réduire l’érythème (les rougeurs) associé à la rosacée, en réduisant le volume des petits vaisseaux sanguins.

L’ivermectine

L’ivermectine topique en crème est prescrite pour traiter les lésions inflammatoires associées à la rosacée chez les adultes. Son mode d’action exact n’est pas clair, mais on croit que le médicament a des propriétés anti-inflammatoires.

La crème de trétinoïne

On peut prescrire cet agent topique pour traiter la rosacée bénigne. Il peut irriter la peau et il faut l’utiliser avec prudence.

Le sulfacétamide sodique et le soufre

On utilise à l’occasion le sulfacétamide sodique et le soufre pour traiter les rougeurs et l’inflammation.

Traitements oraux (systémiques)

Les antibiotiques

On traite souvent la rosacée par des antibiotiques, en formulation topique ou en pilule. Les antibiotiques agissent contre la rosacée principalement en produisant un effet anti-inflammatoire. Ces antibiotiques oraux sont notamment la tétracycline, la doxycycline, la minocycline et quelques autres. Les antibiotiques topiques sont prescrits pour les formes moins graves de rosacée, tandis que les médicaments oraux sont réservés aux cas de rosacée modérée ou sévère.

L’isotrétinoïne

Ce médicament oral peut être prescrit si la rosacée est sévère ou si les symptômes ne répondent pas aux antibiotiques.

La thérapie au laser ou autre chirurgie esthétique

La thérapie au laser consiste à utiliser l’énergie de la lumière pour traiter les petites veines rouges visibles et atténuer la rougeur lorsque la rosacée ne répond pas aux autres types de traitement. Pour réduire le tissu excédentaire associé au rhinophyma, on peut avoir recours au resurfaçage laser, à la dermabrasion ou à la chirurgie esthétique.

Le maquillage

Bien des patients se sentent mieux face à leur rosacée si, en plus de traiter les symptômes de leur maladie, ils peuvent aussi dissimuler la rougeur et les bosses visibles. Il existe un maquillage camouflant spécial à cette fin : il contient un peu de colorant vert, ce qui contribue à cacher les rougeurs de la peau.